Les origines de pâques

La coutume d’offrir des œufs au début du printemps remonte à l’Antiquité. Dans de très nombreuses cultures, les œufs sont symbole de fécondité et de renouveau. Des siècles plus tard, cette tradition est toujours célébrée.

Il y a environ 5.000 ans, les Perses offraient déjà des œufs de poule comme cadeaux porte-bonheur pour fêter le printemps ! Les Romains, qui eux aussi leur prêtaient d’heureux effets, en cassaient le jour du printemps pour purifier l’atmosphère.

Oeufs de pâques

La symbolique de l’œuf

La naissance du monde à partir d’un œuf est une idée commune aux Celtes, aux Grecs, aux Égyptiens, aux Phéniciens, aux Cananéens, aux Tibétains, aux Hindous, aux Vietnamiens, aux Chinois, aux Japonais, aux populations sibériennes et indonésiennes, à bien d’autres encore. Le processus de manifestation revêt toutefois plusieurs aspects; l’œuf de serpent celtique, figure par l’oursin* fossile, l’œuf crache par le Kneph égyptien, voire par le dragon chinois, représentent la production de la manifestation par le Verbe.

D’autres fois, l’homme primordial nait d’un œuf c’est le cas de Prajâpati, de P’an-kou. D’autres héros chinois sont nés ultérieurement d’œufs fécondes par le soleil, ou de l’ingestion d’œufs d’oiseau par leur mère. Plus fréquemment encore, l’œuf cosmique , né des eaux primordiales, couve à leur surface (par l’oie Hamsa, dit-on en Inde, qui est l’Esprit, le Souffle divin), se sépare en deux moitiés pour donner naissance au Ciel et à la Terre : c’est la polarisation de l’Androgyne*.

Ainsi le Brahmânda hindou se sépare en deux demi-sphères d’or et d’argent ; l’œuf de Léda donne naissance aux deux Dioscures, portant chacun une coiffure hémisphérique; le yin-yang chinois, polarisation de l’Unité première, présente un symbole identique en ses deux moitiés noire et blanche.

L’œuf primordial du Shintô se sépare de même en une moitié légère (le Ciel) et une moitié dense (la Terre). Ibn al-Walîd figure de façon assez voisine la Terre, dense comme le jaune de l’œuf coagulé, le Ciel, plus léger comme le blanc qui l’entoure. Ce symbolisme général, liant l’œuf à la genèse du monde et à sa différenciation progressive, mérite d’être précisé. L’œuf une réalité primordiale, qui contient en germe la multiplicité des êtres.

Pour les Égyptiens, sous l’action d’un démiurge, émergera du Noun, personnification de l’océan primordial, eau absolue contenant des germes de création en attente, une butte, sur laquelle un œuf éclora. De cet œuf, – le mot est féminin en Égyptien – un dieu jaillira, qui organisera le chaos, en donnant naissance aux êtres différenciés. Le dieu Khnoum issu de cet océan et de l’œuf primordial fabriquera à son tour, à la façon d’un potier, les œufs ou embryons, ou germes de vie. Il est le modeleur des chairs. Mais l’Égypte ancienne connaissait diverses cosmogonies. Selon celle d’Hermopolis, l’œuf primordial n’était autre que la Qerehet, patronne des forces vitales de l’espèce humaine. Le grand lotus initial, dont le calice s’illumine en s’ouvrant le matin à la surface des fanges du delta, jouait le même rôle dans d’autres traditions. Le soleil lui-même serait né du germe mystérieux que l’œuf-Mère entourait.

Selon les traditions cananéennes, Mochus met à l’origine du monde l’éther et l’air d’où nait Oulômos (L’Infini). Oulômos engendre l’œuf cosmique et Chansôr (le dieu artisan). Chansôr ouvre l’oeuf cosmique en deux ef forme le ciel et la terre de chacune de ses deux moitiés.

Dans l’Inde, selon la Chândogya Upanishad (3, 19), l’œuf est né du Non-être et il a engendré les éléments : Au commencement, il n’y avait que le Non-être. Il fût l’être. Il grandit et se changea en œuf. Il reposa toute une année, puis il se fendit

Lapin Oeufs2 Oeufs3

Apparition des premiers œufs peints en Europe

C’est réellement à partir du XIIIe siècle que les premiers œufs peints firent leur apparition en Europe. A l’origine coloriés en rouge et décorés de devises ou de dessins, les œufs de poule s’échangeaient à l’occasion de la fin du Carême, symbolisant ainsi la fin des privations de l’hiver.

A partir de la Renaissance, les œufs de poule furent remplacés par des œufs en or dans les cours de souverains européens. Décorés de métaux précieux, de pierreries et même de peintures de célèbres artistes, ces objets connurent leur apogée avec les célèbres œufs de Fabergé à la cour de Russie, à la fin du XIXe siècle.

Aujourd’hui, les œufs de Pâques sont en chocolat. Beaucoup plus gros et délicieux, ils ravissent petits et grands. Cette tradition, présente dans de nombreux pays, est relativement récente. Les moulages en chocolat ont fait leur apparition durant la première moitié du XIXe siècle, grâce aux progrès d’affinage de la pâte de chocolat et à la mise au point des premiers moules en fer étamé et argenté.

Voici le secret de fabrication : après avoir été fondu à 50 degrés-C, le chocolat est malaxé jusqu’à l’obtention d’une pâte fine et lisse qui, légèrement refroidie, est versée dans un moule. Après refroidissement total, les formes sont démoulées puis décorées.

L’œuf de Pâques est un œuf spécialement décoré, le plus souvent comestible – auquel cas il est en sucre ou en chocolat – qui constitue le cadeau traditionnel offert le matin du dimanche de Pâques .

Dans le Kalevala , livre de la grande tradition finlandaise, le monde est né de l’œuf. La coutume de l’œuf de Pâques a été constatée chez les chrétiens coptes dès la fin du Xe siècle . En France , les textes qui parlent de cette tradition concernent l’ Alsace et remontent au XVe siècle .

Œufs de Pâques au chocolat

Il est cependant admis que l’origine des œufs de Pâques date de l’instauration du carême . L’Église interdit la consommation d’œufs pendant cette période de quarante jours. Il s’agissait donc à l’issue du jeûne de consommer les œufs qui s’étaient accumulés pendant le carême, en les mangeant normalement pour les plus récents et en les cuisant puis en les décorant pour les plus vieux.assiette d’œufs en chocolat

On peut aussi penser que cette rationalisation du rituel des œufs de Pâques par le Carême permet de refouler l’idée que l’œuf eut un rôle liturgique chez les premiers chrétiens, à la manière de l’œuf sur le Seder pascal du judaïsme… Si les Occidentaux ne découvrent le rite des œufs chez les coptes d’Alexandrie qu’à l’occasion des Croisades, c’est parce que l’Eglise romaine l’avait fait interdire aux Ve et VIe siècles, mais il avait été un rite jacobite originel. A preuves le fait qu’au XVIIe siècle l’ouverture des catacombes chrétiennes de la Rome du IIIe siècle permit d’y retrouver des milliers de coquilles d’œuf et surtout les témoignages sur le fait que des bourreaux romains enfoncèrent parfois des œufs de pierre brûlante dans la gorge des martyrs chrétiens; il est clair qu’ils visaient à les martyriser par leur propre symbole de la Nativité.}

Chez les catholiques , les cloches cessent de sonner à partir du vendredi qui précède Pâques, dit « Vendredi Saint », en signe de deuil pour la mort du Christ . On les réentend à la fin de la veillée de Pâques, qui précède le jour de Pâques proprement dit. La tradition prétend que les cloches ne sonnent plus car elles sont parties à Rome . Elles reviennent dans la nuit, chargées d’œufs en chocolat qu’elles déversent dans les jardins. Le lendemain, les enfants vont chercher les sucreries qui y sont dissimulées. Avant la démocratisation du chocolat , les œufs étaient naturels et décorés par les enfants. À l’œuf est associée la poule, qu’on trouve maintenant sous forme de statuette en chocolat . Les confiseries ne sont maintenant plus limitées, formellement, à la forme de l’œuf mais peuvent être de véritables sculptures de chocolat et de sucre et représentent parfois des personnages ou des objets qui n’ont aucun lien avec le modèle d’origine.

La « chasse aux œufs » est une tradition ancienne. Certaines communes organisent des chasses aux œufs pour les adultes le week-end de Pâques : dans un espace limité (en général un bois), il faut découvrir le maximum d’œufs avant une heure donnée. Tous les œufs ne se valent pas, et certains permettent de gagner des lots intéressants.

Décoration des œufs

Les œufs sont aussi un symbole utilisé dans les pays orthodoxes . Ils symbolisent la résurrection du Christ et sa sortie du tombeau, comme le poussin sort de l’œuf. Ils sont peints en rouge et décorés de motifs vifs. Ils ont toutes les tailles et sont souvent en bois ou en pierre polie, certains sont de véritables œuvres d’art. Il est de tradition d’en échanger avec ses proches le jour de Pâques, en se saluant par l’invocation « Christ est ressuscité ! ».

En Alsace , en Allemagne , en Suisse et en Autriche , dans la plupart des Länder , les œufs de Pâques sont apportés par le lièvre de Pâques (Osterhase). Il n’y a pas de cloches, très peu de poules mais beaucoup de lapins sous toutes les formes possibles et imaginables. Voici une des origines de cette légende :

« Une vieille femme sans argent pour acheter des œufs pour ses petits enfants décide alors d’en peindre. Elle les cache dans son jardin. Elle appelle ensuite les enfants et les invite à chercher leurs surprises. Tout à coup, un lapin saute d’un petit nid de brindilles où étaient les œufs. Un enfant crie tout émerveillé : « Le lapin a laissé des œufs peints pour notre surprise de Pâques ! »

En fait, le lapin, très prolifique au printemps, est probablement un symbole de fécondité antérieur au christianisme. À noter qu’en Bavière , le lièvre est remplacé par un coq, en Thuringe c’est un renard, dans la région de Hanovre , c’est un coucou, au Tyrol c’est la poule et en Westphalie c’est le renard.

Gâteau aux fruits rouges et chocolat blanc
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