Fabrication du chocolat

Cacao et cacaoyer

Le chocolat est produit à partir de la fève de l’arbre appelé cacaoyer . On en trouve différentes espèces répartis dans les régions chaudes du monde. Sa culture est assez exigeante et le fruit produit, appelé cabosse est récolté deux fois par an lorsqu’il est à maturité. Le cacaoyer existe sous différentes variétés comme les criollos, les forasteros et les trinitarios qui produisent des cacaos de différentes saveurs et arômes.

Fèves cacao

La cabosse mûre détient une couleur particulière à sa variété et émet un tintement caractéristique lorsqu’on la secoue.

Écabossage, fermentation et séchage

Cette étape se déroule chez les propriétaires des plantations de cacaoyers. Le fruit ( cabosse ) est fendu avec une machette et vidé de ses fèves et sa pulpe. Les fèves sont égrainées de l’axe central et triées. Les fèves sont placées dans des bacs et recouvertes de feuilles de bananier . D’autres plantations laissent les graines en tas ou utilisent des paniers suivant les moyens qu’elles ont. La température varie de 45°C à 50°C. On les laisse reposer environ une semaine avec des phases de brassages régulières. La fermentation débarrasse les fèves de leur pulpe, réduit le goût amer et développe les précurseurs d’arôme .

Machine de concassage

Une première fermentation se déroule de façon anaérobie sous les feuilles de bananiers. La pulpe acide et sucrée des cabosses se transforme en alcool durant cette phase. C’est la même fermentation que pour le moût de raisin. Une seconde fermentation dite fermentation lactique se déroule très rapidement. Puis, les jus s’écoulent et l’air pénètre dans les tas de fèves favorisant une troisième fermentation, la fermentation acétique. La température élevée tue le germe de la fève de cacao. Durant cette phase, les fèves changent de couleurs. À la récolte, elles sont blanches ou violettes et virent après la fermentation au brun chocolat.

A ce stade, elles contiennent encore 60% d’humidité qu’il faut réduire à 7% pour assurer une conservation et un transport optimaux. Les fèves sont alors séchées au soleil ou dans des séchoirs pendant 15 jours et parfois lavées ( Madagascar ). Elles sont retournées de façon régulière afin d’assurer un séchage homogène. Le séchage comme la fermentation joue sur les arômes du cacao. Elles sont ensuite expédiées et le reste du traitement se déroule en chocolaterie.

Torréfaction, concassage et broyage

Comme pour le café , les fèves sont torréfiées afin d’augmenter l’arôme. Cette phase se déroule après nettoyage des graines dans un torréfacteur. Les fèves sont cuites à cœur avec leur coque puis elles sont décortiquées. Elles sont ensuite broyées et transformées en éclats, que l’on appelle nibs ou grué . La torréfaction dure en général 40 minutes à 140°C. Mais elle diffère suivant les espèces et les arômes que l’on désire obtenir. La torréfaction permet aussi de réduire l’humidité des fèves de 7% à 2 %.

Machine de torrefaction

Les grains de cacao sont transformés en pâte liquide : la masse de cacao. Le beurre de cacao est alors séparé de la masse par pression. Cette étape se déroule dans une broyeuse constituée de plusieurs cylindres de plus en plus serrés et permettant d’affiner le broyage. Un affinage permet de réduire la fève en grains très fins non décelables sur le palais de la bouche.

Ajout d’ingrédients et conchage

Les étapes précédentes ont permis d’obtenir une masse de cacao auquel on va ajouter différents ingrédients suivant le chocolat que l’on désire. Le chocolat noir est fabriqué en mélangeant beurre de cacao (pour le fondant), cacao « solide », pour le goût, et sucre. Plus il y aura de sucre, moins le pourcentage de cacao sera élevé. Du lait en poudre est ajouté si on désire du chocolat au lait.

Broyage-et-concassage des fèves de cacao

Pour obtenir du chocolat noir, on ajoute à la pâte de cacao du beurre de cacao et du sucre.

Pour obtenir du chocolat au lait, on ajoute à la pâte de cacao du beurre de cacao, du lait en poudre et du sucre.

Pour obtenir du chocolat blanc, on ajoute du beurre de cacao, du lait en poudre et du sucre.

Le conchage est le fait de chauffer le cacao afin d’augmenter l’homogénéité, l’arôme et l’onctuosité du futur chocolat. Elle se déroule à environ 70°C dans une mélangeuse qui brasse lentement le mélange de chocolat. Durant cette étape, on peut ajouter des émulsifiants. Les chocolats industriels contiennent presque tous un émulsifiant sous forme de lécithine de soja , qui prolonge l’homogénéité du mélange. Le 15 mars 2000 , sous la pression des industriels du chocolat, la directive “chocolat” a été adoptée par la communauté européenne. Elle permet d’utiliser d’autres graisses végétales, moins chères que le beurre de cacao pour la fabrication du chocolat, dans la limite de 5 % du poids total du produit fini.

Tempérage et moulage

Le tempérage du chocolat consiste à amener le beurre de cacao dans sa forme cristalline la plus stable. Le beurre de cacao est composé de cinq molécules grasses différentes fondant chacune à des températures distinctes (comprises en 26 et 31°C), et ce mélange donne au chocolat un haut degré de cristallinité : il peut cristalliser en six formes différentes. Parmi ces six états, le tempérage amène au plus stable : la forme dite bêta du beurre de cacao.

Le tempérage donne au chocolat, une fois refroidi, un aspect brillant et lisse, une dureté et un fondant caractéristiques, une plus longue durée de conservation.

Courbe de cristallisation

Le chocolat fond à partir de 36°C. La courbe de cristallisation varie selon la proportion du beurre de cacao : pour du chocolat noir, une fois que tout le chocolat est fondu il faut le refroidir jusqu’à environ 28°C puis le réchauffer à 32°C sans jamais dépasser cette température. Pour finir, il faut le refroidir le plus rapidement possible autour de 20°C.

Température de pré-cristallisation (°C) Température de travail (°C)
Chocolat noir 28 – 29 31 – 32
Chocolat au lait 27 – 28 30 – 31
Chocolat blanc 26 – 27 27 – 29

Le chocolat est :

– amené à l’état liquide au-delà de 36°C

– ramené à l’état solide mais instable (température basse)

– stabilisé à la température haute

– puis, fixé lorsqu’il est complètement refroidi.

La température basse permet d’amorcer la cristallisation, celle de travail permet aux cristaux de s’ordonner dans leur forme stable. Si le chocolat descend en dessous de la température basse ou dépasse celle de travail, il n’atteindra pas la forme bêta du beurre de cacao et des marbrures se formeront, il aura une texture pâteuse. Il suffit alors de refondre le chocolat et de recommencer autant de fois que nécessaire jusqu’à la réussite du tempérage, le chocolat ne perdant pas ses propriétés lors de l’opération.

Techniques

Même si le chocolat fond à 36°C, on le chauffe à une plus haute température pour aller plus vite car c’est un mauvais conducteur de chaleur : à partir de 40°C pour le chocolat blanc et jusqu’à 55°C pour le chocolat noir, au-delà il risque de brûler. Jusqu’à la dernière étape de chauffage, il est nécessaire de toujours remuer le chocolat afin que la température soit uniforme. Il faut le maintenir à la température haute exactement pendant toute la durée du travail. Il ne faut jamais faire tomber de l’eau dans le mélange, il ne pourra être tempéré.

Méthode industrielle

Faire fondre le chocolat puis le refroidir jusqu’à la température basse : des cristaux se forment, il épaissit. Mélanger pour répartir les cristaux et réchauffer à 32°C. Travailler et faire refroidir à 20C.

Méthode du marbre

Faire fondre le chocolat, en étaler 2/3 sur un marbre et travailler à la spatule jusqu’à ce qu’il épaississe légèrement. Rajouter le 1/3 restant qui le fera remonter à 32°C.

Méthode simple

Faire fondre 2/3 du chocolat, rajouter le tiers restant hors du feu et remuer jusqu’à la fonte complète. Attendre qu’il descende à la température basse et réchauffer à 32°C.

Tempéreuse

Il existe des machines qui chauffent et refroidissent le chocolat en respectant les courbes de cristallisation. Elles le mélangent en permanence et le maintiennent à la bonne température pendant toute la durée du travail.

Moulage

Pour obtenir la forme ou le motif désiré, le chocolat est directement versé dans des moules. Il s’agit du moulage du chocolat. Des ingrédients supplémentaires comme des noisettes, du riz soufflé ou des raisins peuvent ajoutés selon la friandise que l’on désire. Les moules et le chocolat passent dans une machine appelée tapoteuse qui répartit le chocolat dans le moule. Enfin, il passe dans un tunnel réfrigéré qui le refroidit instantanément.

Delights recipe Chocolate cake
La médecine séduite par le chocolat !